Festival des Voûtes célestes

Pour ce concert d’inauguration de l’église du Poiré sur Velluire dans le cadre du Festival des Voûtes Célestes, Polymnie a fait le choix de deux œuvres solennelles adaptées à la circonstance et néanmoins contrastées.

La cantate BWV 198 de Jean-Sébastien Bach, cantate funèbre à la fois majestueuse et pleine de spiritualité recueillie, a été commandée à Jean Sébastien Bach par Hans Carl von Kirchbach en vue de l’oraison funèbre pour la princesse Christiane Eberhardine, décédée le 5 septembre 1727.Née en 1671 et mariée au prince Friedrich-August 1er de Saxe, cette noble dame s’était signalée en refusant de suivre son royal époux lorsque celui-ci embrassa la religion catholique pour accéder au trône de Pologne, et en restant fidèle à ses convictions luthériennes. Le texte de cette Trauer-Ode fut commandé au jeune poète Johann Christoph Gottsched. Composée en deux semaines, la cantate fut créée à Leipzig le 17 octobre 1727. Gottsched, laïc convaincu et non intéressé par le rituel religieux, composa le poème servant de support à la cantate selon une métrique propre à la littérature allemande (concernant les vers et le rythme des rimes dans les strophes), et sans y inclure la moindre citation biblique (bien qu’empruntant des images à la théologie chrétienne). L’œuvre est construite en deux parties, entre lesquelles Hans Carl von Kirchbach prononça l’oraison funèbre. La première partie suit le plan symétrique cher au cantor (chœur – récitatif – air – récitatif – air – récitatif – chœur) ; la deuxième partie, plus courte, alterne airs et récitatifs avant d’aboutir au chœur final. La musique est en accord total avec les paroles, évoquant tour à tour les sanglots par le rythme saccadé, l’amertume par des altérations, l’imitation des cloches par l’orchestre, l’évocation des derniers moments par une sobriété instrumentale, la solennité par la fugue, la Sainte Trinité par un mouvement tripartite, l’épitaphe par une vigoureuse homophonie du chœur.

Le Te Deum H.146 a été composé par Charpentier probablement durant son séjour dans l’église jésuite St Louis à Paris où il était directeur musical, et a probablement servi à célébrer une des nombreuses victoires militaires de Louis XIV au début des années 1690, peut être celle de Steinkerque le 3 août 1692. « Te Deum » est une abréviation de « Te Deum laudamus » (« Dieu nous te louons »), prière que l’on chante depuis le Moyen Age le dimanche et certains jours de fête. Le Te Deum est également utilisé comme chant pour des occasions festives comme les processions et les victoires et inspire beaucoup les compositeurs du XVIIème siècle. L’œuvre obéit aux principes du grand motet français avec récits pour voix seule, petits ensembles, chœur et orchestre. Elle est écrite dans la tonalité de ré majeur, ce qui signifie, d’après l’ouvrage de Charpentier « Règles de composition », « joyeux et très guerrier », et pour un effectif important de huit chanteurs solistes, chœur mixte et orchestre comprenant trompettes et timbales. Le prélude est une marche en rondeau. Le thème du refrain est solennel et revêt le caractère d’un hymne. Ce passage, après la redécouverte de ce Te Deum en 1953 par le musicologue Carl de Nys, sera choisi et utilisé comme thème de générique de l’Union européenne de radio-télévision et le Concours Eurovision de la chanson, et deviendra ainsi célèbre pour le plus grand nombre.

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